"Enquêtes de région – Grand Est" | "L'IA et moi"
Interview avec Christophe Couvreur, PDG de Vivoka
Vivoka a bénéficié d'une belle visibilité médiatique grâce à un reportage de France 3 tourné au sein de son siège à Metz.
Diffusé dans l'émission "Enquêtes de région – Grand Est – L'IA et moi", ce sujet met en lumière la manière dont l'IA vocale peut accompagner les opérations logistiques grâce à une interaction plus naturelle et mains libres, tout en répondant à des enjeux de terrain très concrets, tels que la diversité des accents, l'efficacité opérationnelle et la sécurité des opérateurs.
À cette occasion, Christophe Couvreur, CEO de Vivoka, revient sur la manière dont la Voice AI s'adapte aux réalités du travail, tout en ouvrant une réflexion plus large sur la place de l'intelligence artificielle dans les environnements professionnels.
Transcription complète ci-dessous.
Transcription de l'interview
Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec les repères temporels
00:00 – 00:22
Démonstration de picking
Opératrice (utilisatrice de l'assistant vocal)
Démarrer la commande.
IA (assistant vocal)
Étagère 1, case 2.
Opératrice
24.
IA
Deux pièces.
Opératrice
2.
IA
Étagère 1, case 4.
Opératrice
12.
IA
Trois pièces.
Opératrice
2.
IA
Quantité insuffisante.
00:22 – 00:40
Introduction
Journaliste
Nous sommes à Metz, au siège de Vivoka, l'un des leaders français de la reconnaissance vocale. Christophe Couvreur, l'un des outils que je viens de tester à l'instant, vous le proposez notamment à des plateformes logistiques, et vous allez jusqu'à demander à l'IA de reconnaître les différents accents étrangers. Pourquoi faites-vous cela ?
00:41 – 01:08
La prise en compte des accents étrangers
Christophe Couvreur (CEO de Vivoka)
La voix dans la logistique est utilisée depuis de nombreuses années, mais l'une des limites de ces technologies, jusqu'à récemment, est que beaucoup de travailleurs ont des accents étrangers et étaient donc mal reconnus par l'IA.
Vous avez ainsi des travailleurs souvent issus de l'immigration ou récemment arrivés dans le pays, qui ne maîtrisent pas encore parfaitement le français, ou la langue utilisée sur la plateforme logistique. Cela peut entraîner des difficultés pour être correctement reconnus par l'IA.
01:08 – 01:21
L'apprentissage des accents par l'IA
Journaliste
Donc l'IA apprend à reconnaître ces différents accents ?
Christophe Couvreur
Exactement. Nous pré-entraînons l'IA et nous la familiarisons avec les accents étrangers en utilisant l'IA elle-même pour cela, ce qui lui permet ensuite de mieux comprendre une personne ayant un accent.
01:21 – 01:44
L'interaction entre l'humain et l'IA
Journaliste
On voit que l'IA impulse le rythme. Jusqu'à quel point prend-elle la main ? Est-ce qu'à terme l'humain n'est plus là que pour obéir ?
Christophe Couvreur
C'est déjà, en partie, le cas dans beaucoup de plateformes logistiques. La commande arrive, vous recevez sur une tablette ou sur un téléphone portable la liste des éléments à aller chercher, vous allez les chercher, puis vous les scannez.
01:44 – 02:07
Une interaction plus naturelle et plus efficace
Journaliste
Donc, au fond, on ne réfléchit plus ?
Christophe Couvreur
C'est malheureusement déjà le cas dans beaucoup de ces fonctions. Passer à une IA vocale permet d'avoir une interaction plus naturelle avec le système, et donc d'enrichir cette interaction.
Dans les modèles plus classiques, où vous avez simplement une application avec un écran, vous êtes obligé de suivre de très près ce qui s'affiche. La voix change cela.
Journaliste
On voit bien l'intérêt : le gain de temps.
02:08 – 02:35
Les bénéfices en matière de sécurité
Journaliste
Un autre intérêt, dans l'industrie ou la manutention, c'est aussi la sécurité.
Christophe Couvreur
Exactement. Quand vous n'avez pas besoin de manipuler un équipement — une tablette, un téléphone ou un ordinateur fixé au poignet — vous pouvez rester pleinement concentré sur l'action en cours.
Vous n'hésitez pas à consulter le système pour vérifier une information, parce que cela n'interrompt pas votre activité. Cela améliore donc la qualité du travail, mais aussi la sécurité, notamment parce qu'il n'est plus nécessaire de retirer ses gants pour manipuler une tablette, par exemple.
02:36 – 03:02
L'avenir du travail
Journaliste
On voit encore une fois l'aspect positif, mais jusqu'où cela peut-il aller ? Faut-il s'inquiéter des bouleversements que cela peut entraîner dans le monde du travail ?
Christophe Couvreur
À très long terme, ce que l'on observe depuis la révolution industrielle, c'est le remplacement de certaines fonctions, entre guillemets, moins qualifiées, par des systèmes mécanisés, automatisés, puis aujourd'hui transformés par l'IA.
Cela implique nécessairement une transformation du monde du travail.
03:03 – 03:20
Conclusion
Journaliste
Cela veut dire qu'il faut anticiper ?
Christophe Couvreur
Il faut l'anticiper dans la formation, et il faut aussi l'anticiper dans le développement d'alternatives. Il y a deux siècles, on arrivait avec ses deux mains, on vous donnait une pelle et vous pouviez travailler. Aujourd'hui, il faut être capable de conduire un engin de chantier.
Journaliste
Et là, nous sommes à l'aube d'une nouvelle révolution.
À propos de cet entretien
- Interviewé : Christophe Couvreur, PDG de Vivoka
- Lieu : Siège de Vivoka, Metz, France
- Sujet : L'utilisation de l'intelligence artificielle vocale dans les plateformes logistiques, la reconnaissance des accents étrangers, et l'impact de l'IA sur l'avenir du travail.
- Émission : Enquêtes de région - Grand Est
Thèmes abordés
Note éditoriale : Cette transcription est issue de l'extrait diffusé dans l'émission Enquêtes de région – Grand Est – L'IA et moi. Elle a fait l'objet d'une relecture ainsi que de légères adaptations éditoriales destinées à en faciliter la lecture en ligne, dans le respect du sens et de l'intention des propos tenus à l'antenne.










